31 mai 2016

➤ AG Interluttants - Théâtre de la Verrière - Mercredi 1er juin 2016 - 12h00


ATTENTION, modification de la date d'AG, suite aux informations sortant des négociations de ce jour, à savoir :
"les confédérations CFDT, CFTC et CGC déjugent leurs fédérations signataires et souhaitent l'envoi d'une lettre paritaire de demande à l'État, longue comme la note de l'Unedic, avec une réponse pour le 16 juin"
En raison de ces demandes, l'accord ne pourra pas s'appliquer, pour des raisons techniques au 1er juillet 2016 !

La partie n'est pas perdue, continuons la mobilisation pour l'application sans attendre de l'accord !

Soyons nombreux mercredi pour discuter et voir comment on s'organise sur ce dernier mois crucial...

Ne lâchons pas !

21 mai 2016

➤ AG Interluttants - Théâtre de la Verrière - Mercredi 25 mai 2016 - 12h00

AG Interluttants
au Théâtre de la Verrière

Mercredi 25 mai 2016 à 12h00

Ordre du jour :
- Point sur les négociations,
- Levée de bouclier du Medef et CFDT,
- Interluttes...

Restons mobilisez, plus que jamais !


13 mai 2016

COMMUNIQUE DE PRESSE DES PROFESSIONNELS DU SPECTACLE VIVANT ET DE L’AUDIOVISUEL EN LUTTE - 13/05/2016

Les professionnels du spectacle, Coordination des Interluttants 59/62, non syndiqués, syndiqués de la CGT Spectacle (SFA/SYNPTAC…), Sud Culture, SYNAVI, en lutte pour les droits sociaux de tous et pour le retrait de la Loi El Khomry, s’insurgent contre les violences policières indignes à Lille lors de la manifestation du 12 mai. Nous ne nous laisserons pas diviser par ces provocations inadmissibles et restons solidaires de tout le mouvement social en cours.

Cette intervention brutale des forces de l’ordre devant l’agence bancaire HSBC, tout comme la fermeture des portes du Théâtre du Nord aux Assemblées Générales du mouvement, parce que nous avons eu le tort de dénoncer le soir de la première le mécénat du Crédit Agricole, nous interpellent : notre démocratie est-elle aux ordres de ceux qui, impliqués directement ou indirectement dans le détournement de milliards d’euros d’évasion fiscale, la vole pour le bénéfice de quelques-uns ? Ironie du sort notre CDN, bunkérisé derrière ses grilles, programme le ÇA IRA ! (Fin de Louis) de la compagnie Louis Brouillard… pourtant pendant  l’occupation des locaux, tous les spectacles ont été joués et personne n’a coupé de têtes !

Nous, artistes, techniciens, personnels administratifs du spectacle vivant et de l’audiovisuel, marquerons à chaque fois, par notre mobilisation citoyenne et politique, notre opposition sans concession à tous ceux qui cherchent à revenir sur les droits sociaux de tous et particulièrement des plus précaires.

Madame Aubry, vous qui avez donné consigne à ne pas voter la motion de censure aux parlementaires de votre courant, nous vous rappelons à l’esprit de mai 1936 : c’est le Rassemblement Populaire qui contribua à des avancées sociales ; union des forces politiques, syndicales et des citoyens, pas les manœuvres politiciennes d’un parti déchiré.

Nous, nous n’oublions pas l’esprit de mai 36, nous nous souviendrons de ces reniements et appelons l’ensemble des salariés de notre secteur, permanents et intermittents, à la grève générale et à participer aux manifestations régionales des 17 et 19 mai.


12 mai 2016

Courrier adressé à Christophe Rauck -12 mai 2016

À Lille, le 12 mai 2016.

M. Christophe Rauck,

parmi les pièces qui ont fait naître et vivre mon enthousiasme pour la programmation du théâtre du Nord, celles que vous avez montées figurent en bonne place. J’ai vu avec joie votre arrivée à Lille : après de très belles saisons avec M. Stuart Seide, les voyages dans les univers multiples de grands artistes allaient continuer.

Nous avons découvert avec vos programmations d’autres paysages toujours aussi beaux, sensibles, à la fois exigeants et accueillants pour toutes et tous. Votre texte de présentation de la saison 2015-2016 l’a placée sous le triple signe de l’égalité, de la liberté et de la fraternité. Vous y avez évoqué une identité construite à partir d’un récit révolutionnaire, et la fonction du théâtre, selon vous une voix portant l’esprit critique, la contradiction et l’indignation, une voix qui révèle la puissance symbolique et poétique des oeuvres derrière les textes, une voix pour réveiller l’esprit critique contre l’inculture au sens le plus large.

Or dans notre pays l’inculture sociale et civique, le mépris de l’esprit et du lien collectif, comme le fondamentalisme de l’argent, connaissent de nombreux avatars. Ces derniers mois le carcan de l’état d’urgence encourage le repli sur soi. Le projet de loi El Khomri cherche à radicaliser dans la soumission la compétition entre les personnes et le désengagement collectif. L’offensive permanente contre le régime des intermittent(e)s du spectacle n’a pas d’autre but ; elle est même une étape de plus pour faire de la précarité une norme pour le plus grand nombre.

L’occupation du théâtre par les interluttant-e-s a commencé en cohérence avec des idées que vous ne sauriez combattre : le respect des spectateurs et spectatrices, l’échange avec toutes et tous, en lien avec toutes les luttes légitimes du moment. Je soutiens sans réserve une lutte qui d’une certaine façon décline vos idées artistiques dans l’action.

C’est avec surprise que j’ai appris que vous n’étiez pas forcément favorable à cette situation, mais une certaine bienveillance du théâtre semblait malgré tout de mise, ce qui m’a rassuré. Après tout on peut comprendre que des modalités de lutte soient questionnées, même quand on y adhère. Le 28 avril vous avez su éviter par la négociation un possible affrontement entre les manifestant(e)s et les forces de police.

Je suis venu assister hier à l’excellent spectacle de M. Joël Pommerat, un très bon texte servi par des comédien(ne)s et technicien(ne)s formidables. J’ai malheureusement appris en arrivant que vous aviez décidé de ne plus permettre l’occupation du théâtre du Nord. L’entrée était contrôlée par des agents de sécurité ; très courtois, c’est vrai, mais j’ai eu le sentiment qu’il ne manquait plus que des portiques de sécurité : un retour vers le repli que vous dénonciez en début de saison. Le grand respect que j’ai pour votre travail n’a pas empêché la consternation et la colère.

Votre choix m’a troublé, ce qui n’aurait pas été le cas, j’en suis certain, si le spectacle s’était tenu dans le monde, et non hors-sol comme vous avez voulu le placer hier soir. Le trouble est devenu de l’incompréhension au fil de la pièce – au point de me décider à vous adresser cette question qui aurait pu paraître incongrue sans cela : avez-vous vraiment vu et entendu le spectacle de M. Pommerat ? Ou pensez-vous que l’émancipation collective ne doit exister que sur scène ?

Dans ces conditions je ne comprends plus les mots que vous avez signés.

J’espère que cela n’est qu’une erreur due à l’inquiétude infondée de ne pas pouvoir présenter le spectacle. Mais je sais aussi que le dragon n’est pas mort. Dois-je en conclure que vous êtes devenu le nouveau gouverneur ?

Bien à vous,
Un spectateur

08 mai 2016