jeudi 22 mai 2014

La guerre de France Trois aura-t-elle lieu ?



- Pour un débat public sur les droits sociaux -

À quelques jours de la signature de l'accord UNEDIC attaquant la protection sociale des chômeurs-ses, des précaires, des intérimaires et des intermittent-e-s, nous avons tenté de prendre la parole sur le plateau de France 3 Nord-Pas-de-Calais. Durant quelques secondes, vous avez pu lire "Sans intermittents, pas de spectacle." Sachez que sans intermittent-e-s, pas de télé, pas de cinéma, pas de concerts, pas de festivals.
          
Contrairement à ce que dit France 3, nous ne sommes pas entré-e-s par la force, ni même cache-e-s dans un cheval, mais par la porte. Nous n’étions pas une trentaine, mais une dizaine. Rien de bien grave ne s'est passé, ni pour vous, ni pour France 3, ni pour ce salarié qui aurait été "violemment ceinturé". Sans doute pensait-il jouer le héros entre nous et le champ des caméras ; face à la perte de contrôle de cet Ulysse télévisuel, nous avons dû le ramener à la raison, tout en finesse et modération. Une baffe est arrivée contre l'un d'entre nous de la main du journaliste "dit" politique. Sans finesse, ni modération. 
           
Par contre, une baffe sociale est en train d'être validée par le gouvernement après négociation de couloirs entre "partenaires sociaux" au siège du patronat. La signature est entre les mains du ministre du travail F. Rebsamen qui est en mesure de la rejeter, comme l'avait fait Mme Aubry en son temps.
Le gouvernement met en place des droits de misère avec une politique économique et sociale néolibérale. Depuis 10 ans, nous avons pensé et construit des propositions justes, équitables, solidaires et économiques concernant le régime spécifique des intermittents, qui ne sont pas entendues. Nous avons tenté de rétablir la vérité sur les conséquences d'un tel accord. Nous nous heurtons à un rouleau compresseur médiatique et politique qui nous prétend coupables de la dette publique.

Les chaînes traitent de sujets complexes en moins de deux minutes: ne leur accorder que si peu de temps permet de les réduire en de simples faits divers et n'en faire ressortir aucun enjeu politique. Elles invitent les "experts" afin d'expédier des idées reçues. Les chaines publiques sont-elles les nouveaux chiens de garde de la politique d'un gouvernement qui se déresponsabilise des droits sociaux ? La parole accordée aux dominé-e-s ne doit elle se résumer qu'à un micro-trottoir ? France 3 et l'ensemble des chaînes publiques jouent à l'audimat, aux scoops et sert la soupe médiatique quotidienne vide de sens laissant le spectateur seul face à un flot d'images et de mots vidés de leurs substances émancipatrices.

C'est pourquoi, nous, chômeurs, précaires, intérimaires, intermittent-e-s, nous demandons un débat public en direct sur le financement de la protection sociale avec l'ensemble des organisations concernées.


Les InterLuttant-e-s Nord-Pas-de-Calais, le 22 mai 2014.

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